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Médiateur. Par la volonté du Christ, sa mission propre se réalise par le Saint-Esprit et les sacrements de la foi. La spiritualité chrétienne doit être sacramentelle dans une prospective (anticipation) eschatologique. Donc le théocentrisme, le rôle du Christ et du Saint-Esprit et des sacrements, font partie de la vie spirituelle du monachisme antique.

II LE MONACHISME ANTIQUE :
- Quand nous parlons du monachisme antique, nous parlons des premiers siècles jusqu'à saint Benoît. Une nouvelle étape est l'idéal de saint Benoît.

Le monachisme antique est une fuite au désert faite de luttes intérieures, individuelles, mais à caractère public car c'est une manière de professer la foi. La vie monastique, abandon physique du désert, est une référence continuelle au désert. Dans l'histoire de la vie consacrée, le désert a un caractère transitoire et pédagogique : il est la mémoire, le symbole de la vie consacrée. Il rappelle l'exode du peuple au désert avec Moïse, l'expérience du peuple d'Israël guidé à travers le désert vers le Sinaï. Dans le Nouveau Testament, le désert a un contenu essentiel, 4 dimensions : de lieu, de temps, de chemin, de retour à l'essentiel.
- Lieu. Le désert est une réalité négative opposée aux lieux habités, opposée à la Terre Promise. Dans l'Ancien et le Nouveau Testament, il a une radicale négativité mais Dieu y est plus présent que jamais, Il en est tout proche. Dieu s'y manifeste plus particulièrement. C'est un lieu théologique plus que géographique, dans la Bible : lieu de la tentation, mais aussi de la rencontre avec Dieu. Le désert : symbole de la condition humaine et de l'Église dans le monde. Il est un lieu de lutte, de participation à la lutte de Jésus, de la formation des vrais chrétiens. C'est l'exode, le chemin d'épreuve, il faut persévérer pour entrer dans la Terre Promise. C'est aussi le lieu de la résistance à Dieu, de l'opposition à Dieu, dans la préférence de la sécurité au risque. Dans tous les hommes, dans tous les cœurs humains il y a la tentation de s'échapper de la situation dans laquelle

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Dieu nous a placés. Il y a également la tentation de l'inutilité du désert, de se dire : mieux vaut mourir au désert, que de ne pas atteindre la perfection que tu t'étais fixée.
Par l'ascétisme christocentrique, le croyant lutte contre le diable qui est lui-même contre Dieu. C'est la spiritualité du martyre qui nourrit cet ascétisme. Saint Ignace d'Antioche dit que le martyre est une imitation du Christ, de la sequela de Jésus, une intense participation au même sort que Jésus. La spiritualité du monachisme est donc une fuite au désert pour combattre le mal et donner sa vie. C'est un second martyre.
- Temps. C'est le temps intermédiaire, entre l'esclavage et l'entrée en Terre Promise, le temps du salut. 'A quo, ad quem' : du lieu où je pars vers le lieu où je me rends. Temps provisoire, qui est une condition nécessaire pour arriver à une fin. Ce temps est un temps d'expérience, d'espérance vécue, non pas dans la passivité, mais dans l'attente de la réalisation, un temps en vue de la Terre Promise. Pour Jésus c'est le temps en vue de son ministère. Temps d'intimité avec Dieu qui ne peut être oublié. Temps du dialogue d'amour entre Dieu et son peuple ; il y en a des exemples dans Osée, Jérémie. Il faut revenir au désert pour écouter. Paradigmes (exemple) : temps d'épreuve, d'humiliation :
Souviens-toi de tout le chemin que Yahvé ton Dieu t'a fait faire pendant 40 ans dans le désert, afin de t'humilier, de t'éprouver et de connaître le fond de ton cœur : allais-tu ou non garder ses commandements ?6
C'est seulement dans l'expérience du désert que l'homme connaît la profondeur de son cœur, le désert apprend à vivre avec soi, à vivre le concret, à mesurer la fidélité. Lieu où Dieu exerce aussi sa pédagogie de proximité. Le désert est un lieu de discipline du temps. Une qualité du pèlerin est la discipline du temps.
- Chemin : Terminus ad quem. Il y a deux voies : aller vers la Terre Promise ou revenir en Égypte. Celui qui regarde en arrière refuse le chemin du salut, le désert est un chemin progressif vers le salut. Les apophtegmes des Pères du désert illustrent bien ce thème.


6 Dt 8,2

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Dans l'Ancien Testament le prophète Jérémie illustre bien ce thème et dans le Nouveau Testament il y a l'exemple de Jésus.
- L'essentiel. Le désert est un moyen pour se trouver soi-même, face à face avec soi pour se préparer à la rencontre définitive avec Dieu, c'est ce dont parlent continuellement les Pères du désert. On lit cela dans les lettres de saint Antoine. Le désert libère de beaucoup de séductions : de l'ouïe, du langage, de la vue, par la lutte contre soi, contre des projets différents. Saint Antoine présente le désert comme un moyen et non comme une fin. Le désert dans le but d'une réduction à ce qui est essentiel : l'unification et la simplification, critères de lecture de soi même et possibilité de parler avec le Seigneur. Le désert opère une rupture avec une manière de vivre dans le monde, il opère une union plus intime avec le Seigneur. Il donne la possibilité d'opérer des ruptures en vue du dialogue avec le Seigneur, c'est à dire de ne pas parler, pour parler à Dieu. Un siècle plus tard, saint Basile dira que la vie du désert est contre l'Évangile et que le cénobitisme a plus de valeur.
- Moine = vient du grec : monos = seul. C'est celui qui cherche l'unité, l'harmonie, qui n'a pas pour but le désert. Donne-moi Seigneur un cœur de moine.
- La Bible est la Parole de Dieu, Parole d'Amour, l'Épiphanie d'un Dieu qui veut nous faire partager sa vie. C'est l'histoire des hommes qui cherchent Dieu et des moyens pour y parvenir. La constitution Lumen Gentium sur l'Église affirme que le religieux se livre entièrement à Dieu aimé par-dessus tout7. La Spiritualité Monastique a reçu cette dimension dès sa naissance.

Mus par la nécessité de la solitude pour rencontrer Dieu, certains s'arrêtent sur les ascèses. Dans l'esprit de l'Antique Monachisme il y a une difficulté à exprimer l'expérience, une espèce de pudeur, mais ce que nous avons suffit pour nous aider.




7 n.44.

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1) Recherche de l'amour de Dieu.
Au Vème siècle Théodoret de Cyr, écrit une "Histoire de la philotea ou de l'amour de Dieu", où il raconte l'histoire d'une trentaine d'ascètes, de monachisme féroce, et pour lui : l'authentique philosophie est d'aimer Dieu car Dieu est "sagesse". Monachisme rigide, éloquent, comme l'histoire de la vocation de certains moines. Par exemple un des disciples de Pacôme (Père des cénobites, comme saint Antoine l'est des ermites), Théodore, successeur de saint Pacôme, à l'âge de 14 ans, voyant sa famille en fête en revenant de l'école, s'est dit qu'il ne trouverait pas la vie éternelle ainsi, il est parti le lendemain au désert. Il nous faut lire les anciens documents et voir les motifs d'amour de Dieu, le milieu de l'existence chrétienne. La vie chrétienne se réalise dans l'expérience de l'amour de Dieu, c'est le péché qui nous éloigne de cette expérience, qui exerce un obstacle, une force. C'est le problème de la "fuga mundi", il faut bien comprendre que le motif de ce départ au désert n'est pas le refus du monde, mais ne pas vouloir du péché. Dieu est généreux, Il exige du croyant un cœur harmonieux, pas distrait, unifié. (Regarder l'exemple d'Abraham). Pour cela il faut chercher un espace où se trouver seul avec Dieu, pour croître dans l'Amour de Dieu.
Selon la spiritualité antique, il faut se séparer de toute affection du monde. L'ascèse est un moyen pour conduire à la fidélité de l'amour de Dieu, elle est nécessaire pour réaliser l'expérience, l'espace pour l'amour de Dieu. La pénitence n'est pas une valeur, mais un moyen. Attention à subordonner l'ascèse à l'amour de Dieu ! Elle est un instrument de Dieu pour atteindre l'amour. Ne pas user du monde, c'est fuir le monde, pour aimer Dieu.
Consacrer sa vie à l'amour de Dieu n'est pas nouveau : les moines suivent la trace de beaucoup, cherchent des modèles : Abraham, les Apôtres, les martyrs. Les moines ont essayé de trouver dans la Bible les raisons de leur vie monastique, (cf notes du cours du P. Vanni, -09/2002- Fondement Biblique de la Vie Religieuse), ils ont recherché des points d'appui dans la Bible, d'où une vie angélique (les protestants ont vu dans le monachisme une institution contre l'Église car ils n'ont pas vu ses points d'appui bibliques : c'est faux !)

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Dans la RB 58,9 : sollicitude pour la recherche de Dieu. (cf notes du cours de Sœur Aquinata, -09/2002- RB, 58 )

- Chercher Dieu, qu'est ce que cela représente ?

1) C'est une activité religieuse essentielle, déterminée par une perspective eschatologique, par un travail constant pour aller au Seigneur, qui se transforme en Opus Dei, en Office Divin, en prière du monastère ; Dieu est la priorité du monastère. Chercher Dieu est venir à la charité, s'orienter vers la croissance de la charité. (Voir le P. Penco 1989 : Spiritualité Monastique.)

2) C'est un émerveillement devant le cosmos, créature de Dieu dans laquelle Dieu parle. Les moines se sont alimentés dans les merveilles de la création, fruit de l'amour de Dieu pour les hommes. Pour les hommes il n'est pas difficile de découvrir l'amour de Dieu à travers sa création. La création est motif de foi.
- Saint Basile a beaucoup développé cela. Les choses humaines les plus ordinaires se transforment en Amour de Dieu pour nous et nous conduisent à l'amour, cette méthode est un don de Dieu8.
- Grégoire de Nysse dit la même chose. Pour lui il existe une expression de la capacité de contemplation de la création à travers laquelle le moine est conduit à louer le Créateur.

- Origène : il y a vraiment une méthode de vie spirituelle dans laquelle la contemplation fait trouver dans la création la trace du Créateur, chez saint Basile.

3) Le service de Dieu est comme une expression de l'amour total : identité entre se faire moine et se consacrer au service de Dieu (cf. saint Antoine)
Un moine doit vivre pour Dieu seul. Cette idée est reprise par Cassien, le moine est appelé au culte de Dieu, consacré au service de Dieu.


8 St Basile, homélie sur le Ps 44.

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L'essentiel des rapports entre Dieu et les hommes fait que Dieu apparaît d'une manière visible par ce service. La recherche de Dieu pour saint Augustin consiste en : service, amour, culte, contemplation etc…

4) C'est l'expérience de l'amour de Dieu. Saint Antoine dit : "l'amour de Dieu a éliminé la crainte". La crainte de Dieu est une disposition pour vivre fidèlement l'amour de Dieu, l'expérience mystique. L'amour de Dieu est joie, feu, blessure d'amour, contemplé dans le Verbe incarné par le Saint-Esprit. Dards d'amour en voyant les torrents d'amour du Christ. L'amour de Dieu s'est manifesté dans les visites de Dieu à l'homme et, par le mystère de l'incarnation, l'homme a l'ordre de s'engager à fond pour que la venue du Christ ne soit pas pour lui motif de condamnation.

Selon le courant platonicien et plotinien c'est l'homme tout entier qui y participe :

 corps, de la chair    - se séparer
 intellec, par l'intelligence  } = Théologie Tripartite} =  - progresser
 âme la contemplation    - et arriver à

L'amour sponsal fait participer à l'amour de Dieu. L'amour de Dieu trouvera sa fin ultime dans l'abandon du monde pour vivre seulement pour Dieu.
La vocation monastique est motivée dès sa naissance par l'amour de Dieu, ce qui engage les hommes à se consacrer à Dieu. Le péché est une force qui met un obstacle à l'expérience de Dieu. La vocation monastique est fondée sur la merveille de la création, sur la réalité profonde de l'amour de Dieu qui conduit à un amour total.







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