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VII LA PRIÈRE EST LE CŒUR DE LA SPIRITUALITÉ MONASTIQUE :

La vie spirituelle -sequela Christi- a une dimension théocentrique à travers Jésus, l'unique Médiateur, par le don de l'Esprit. Tout cela est rendu possible en étant uni à l'Église par la médiation sacramentelle. (cf notes du cours de de Père Valenziano - 09/2001 - La spiritualité de la Liturgie).

- La prière est pour les chrétiens une réalité dans laquelle se vit la rencontre avec Dieu.
- Le sujet est immense car la prière enveloppe complètement la vie monastique, mais dans le monachisme antique il n'y a pas de traité sur la prière.
- Nous connaissons Jean Cassien, grand théoricien de la prière et Évagre le Pontique et puis nous trouvons des enseignements sur la prière dans les paroles des Pères des déserts.
- Cette habitude de la prière prend sa source dans le précepte de Jésus : "Priez sans cesse" qui ne se trouve pas sous cette forme dans l'Évangile mais que saint Paul cite dans ses lettres13. Ce précepte est pris très au sérieux dans le monachisme antique, c'est le verset le plus utilisé chez les Pères des déserts. La prière doit être fidélité. Ce précepte de la prière ininterrompue a été pris d'une manière quasiment matérielle, littérale par le monachisme antique pour lequel le travail manuel détourne de la prière, ce qui n'est pas juste et saint Augustin récusera cette manière de penser qui ignore le travail manuel, car pour lui le moine doit louer et rencontrer Dieu à travers toute sa vie. Cela conduira à l'équilibre de saint Benoît entre prière et travail, ce que le XIXème siècle définira comme ora et labora.

- Le moine doit être attentif et dans un esprit de prière continuelle. Pour Cassien il s'agit d'une ouverture constante à Dieu présent dans ma vie.


13 1Th 5, 17 ; Rm 12, 12 ; Ep 6, 18 ; Col 4, 2.

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-Les Pères des déserts d'Orient : souvenir de Dieu par des petites formules : des versets de la Bible
- Le précepte de la prière continuelle est mis à la base de la structure de l'Office Divin, série de moments de prière continuelle qui devient l'Office Divin, l'office cathédral avec la prière du matin et du soir et dans les monastères s'y ajoutent les heures mineures et la prière de la nuit. On ne peut comprendre la spiritualité de la liturgie si on ne la voit pas à la lumière de la prière continuelle.
- Le contenu de la prière : le moine se met devant Dieu, elle est une réponse de l'homme à la Parole de Dieu. Ce n'est pas une réflexion sur ce qu'est Dieu mais avant tout une écoute de Dieu qui parle, de sa Parole. La Prière requiert une perméabilité à la Parole de Dieu. On dit à propos de saint Antoine qu'il était "attentif à la lecture des Écritures, que rien de ce qu'il lisait ne restait stérile dans son esprit".
- "Nous avons les Écritures et la liberté donnée par le Sauveur" parole que saint Athanase met dans la bouche de saint Antoine.
- Saint Benoît recueille cet esprit à propos de l'Office Divin : mens nostra concordet voci nostrae, l'esprit doit concorder avec la voix14. Nous ne devons pas penser à des dons fantastiques, la voix doit nourrir l'esprit. Avec les Ordres mendiants et le fait que les frères ne comprendront plus le latin, nous allons arriver à l'inverse : "que vos paroles soient d'accord avec votre esprit", ce sera l'opposé.
- La lectio divina dans le monachisme antique est fondée sur la Bible, cela sera repris par saint Benoît15.
Lectio divina = prier avec la Bible, lecture orante de la Parole de Dieu. La Parole de Dieu est donnée à chacun et chacun doit donner sa réponse.
- Principes qui régulent la Lectio divina = lecture de l'Écriture, tranquille, reposée, savourée, persévérante, cherchant à travers un contact vivant une expérience profonde dans une vision unitaire des deux Testaments. Ce n'est pas une technique, une lecture curieuse qui recherche et spécule. Nous contemplons l'Ancien Testament à la lumière du Nouveau Testament : "Le Verbe de Dieu s'est fait Écriture avant de s'incarner", l'unique Parole est le Verbe. Pour saint Jérôme,


14 RB 19.
15 Cf. RB 42 et 48,15.

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"ignorer l'Écriture est ignorer le Christ", car Il est dans toute l'Écriture. Les anciens avaient l'habitude d'attribuer à la lecture de l'Écriture Sainte ce que nous attribuons à la grâce et aux sacrements.
- Il faut mettre dans nos cœurs le Saint-Esprit, être docile à la voix du Saint-Esprit, c'est Lui qui nous enseigne tout ce qu'Il nous a donné, c'est à dire sa Parole. L'accueil de l'Esprit-Saint est très important pour notre vie spirituelle.
- L'ecclésialité : il faut lire la Bible dans l'Église et avec l'Église, en respectant le charisme de l'Église, en communion avec l'Église.
- La lecture de l'Écriture doit se faire dans un but de conversion. La Parole de Dieu est efficace. Il faut se laisser convertir par cette Parole dans une lecture dynamique, car l'homme est en chemin, il faut approfondir car il y a toujours des limites à dépasser.
- La lectio divina s'organise et est offerte aux générations en une méthode qui reflète la manière dont les anciens moines la lisaient. Elle est la recherche d'une personne : Dieu qui se révèle,
- Il faut la lire dans un esprit de foi. La tradition a fait une méthode des différents moments de la lectio = lecture - méditation - oraison - et contemplation, et on a ajouté un 5ème moment, l'évangélisation. Il faut une lecture fidèle à la lettre, pour ne pas altérer ce message dans sa radicalité. Il faut la faire dans la force de l'Esprit Saint qui est présent. Il faut une lecture qui savoure avec affection la Parole de Dieu.
L'esprit critique est réservé à la science biblique, à une certaine connaissance. Par exemple : dans la RB, au prêtre qui veut se retirer au monastère, saint Benoît demande : "Mon ami, dans quel dessein es-tu venu ?"16 Nous constatons que saint Benoît a repris une parole de Jésus à Judas : ami. Les anciens s'approprient l'Écriture et l'emploient dans un sens d'interrogation personnelle.

La lectio divina ne doit pas être confondue avec une étude, mais celle-ci peut aider à la mieux comprendre : que dit le texte ? Puis vient la méditation : les valeurs permanentes qui ressortent des paroles, des actions. Je cherche à me les appliquer, puis je retourne sur la parole biblique avec douceur, avec toutes mes connaissances : avec mon


13 Vulg., Mt 26,50

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intelligence, je rumine, mastique ce qui va permettre à cette Parole de me pénétrer - La devotio moderna (14ème siècle) est sous l'influence de la Scolastique, elle est plus intellectuelle, plus structurée, plus affective, plus féminine - Puis vient l'oraison : après avoir lu et approfondi les valeurs, je cherche la valeur centrale - cela va devenir celle qui émerge, sur laquelle je me penche, il y a la prise de conscience d'un thème. L'oraison donne du goût à ce que la lecture a introduit et que la méditation a mastiqué. C'est une réponse à la parole que Dieu a donnée, j'y réponds à ma manière : louange , action de grâce inspirée etc… Puis vient la contemplation : selon le monachisme antique, la multiplicité de sentiments qui ont émergé de la méditation et ont été concentrés dans l'oraison vient en contemplation qui est la capacité de synthèse, la capacité de pouvoir contempler l'histoire ou une idée réalisées dans le dessein de Dieu, dans une synthèse harmonieuse.
Récemment on a rajouté le témoignage appelé évangélisation, C'est le 5ème point mentionné plus haut. Ces différents points sont très actuels dans toutes les circonstances, ils ont des valeurs fondamentales et Vatican II a demandé d'y revenir.























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