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Articles qui peuvent nous aider :

BALTASAR,H.U.von, "Les thèmes johanniques dans la Règle de Saint Benoît et leur actualité", Collectanea Cisterciensia, 37(1975)3-14

VACCARIA,A, "La Bibbia nell'ambiente di S.Benedetto", Biblica 29(1948)321-344

2/ Confrontation statistique entre RB et RM

Dans les sources des éditions de la RB et de la RM, il y a les indices des citations, qui peuvent être utilisées avec profit, bien qu'elles donnent une image peu claire de la question. Pour approfondir, il faut :

Examiner ce que Benoît a omis et ce qu'il a ajouté à la RM.

Ceci fait, on peut trouver quelque point de référence différent.

a/ Quelques exemples de l'AT.

1/ L'utilisation du Ier livre des Rois (I Samuel)

1 Sam. 2,27-34 RB 2,26 RM+
3,11-14 2,26 RM-
4,12-18 2,26 RM-
3,11-18 63,6 RM-
7,3 Prol.40 RM-

Benoît connaissait bien l'usage de ce livre, mais il faut remarquer que dans RB.,42,4 il déconseille sa lecture avant de se coucher car il est dangereux :

Saint Benoît, donc, connaissait bien ce livre et son danger.




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Peut-être avait-il eu quelque expérience de ce genre ou d'un autre de la part de ses moines !

2/ L'utilisation du livre d'Isaïe


 Is., 1,2  RB., 2,9  RM.,2,9
 42,3  64,13  -
 42,4  64,16; 31,1  -

Observations :

La RB manifeste certainement, dans les citations d'Isaïe, une indépendance par rapport à la RM.

La RB utilise le chant du serviteur (Isaïe 42) au moins par allusion, 3 fois et toujours dans le cas d'une personne qui a une autorité dans le monastère, c'est à dire, l'abbé ou le cellérier.

Dans Isaïe 42,6 on trouve le mot "justicia".
Par conséquent, si, nous nous souvenons que Benoît ajoute les mots "justitiam tuam" à la citation d'Isaïe 1,2, nous pouvons suggérer que, parlant déjà de l'abbé, il pensait au serviteur de Yahvé. Mais d'une manière très subtile !
3/ Utilisation des psaumes

Le psaume 69

Ce psaume ne se trouve pas dans la RM., mais nous le trouvons vraiment trois fois dans la RB.

 Psaume 69,2  RB., 17,3
   18,1
   35,17

Dans RB.,35,17 le serviteur demande la bénédiction avec ce verset.




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Il est possible, mais pas obligatoire, que l'usage bénédictin du psaume 69 dépende des Conférences, 10, de Cassien, sur la prière continuelle. Cela établit un lien entre le service de table et l'office divin.

Le psaume 94,8 dans le Prologue,10

Cette citation est insérée dans un cadre oral pris exprès dans la RM. Benoît n'a rien pris du passage correspondant de la RM, il a seulement inséré le psaume 94,8. Évidemment ce verset lui venait à l'esprit quand il lisait et utilisait RM Ths.,5-8.

b/ Observations de conclusion :

Il y aurait beaucoup à dire, mais pour terminer nous pouvons affirmer que :

L'utilisation quantitative de l'Écriture n'est pas la même que l'utilisation qualitative.

Benoît est indépendant du Maître dans la manière d'utiliser l'Écriture et cela ne lui fait pas peur de la corriger.
Il connaît la Bible et peut la citer quasi spontanément, parce qu'il n'est pas esclave de la lettre, un copiste du Maître qui n'a pas sa vision propre des choses.

Cependant, si Benoît n'a pas le Maître comme guide, quand il cite la Bible, qui était son guide ?

C. La RB et les pères latins

Pour répondre à la question posée, cherchons quelque point de référence dans la Bible et les pères dans la mentalité de Benoît. A cette fin, un rapide coup d'œil dans la RB peut nous être utile, au ch.73 qui nous aide et suggère quelque chose pour la lectio divina.

73,2 il y a les enseignements des Pères dont la mise en pratique…...



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73,4 quel livre des saints pères catholiques…au créateur

9,8 A.T. et N.T. et les commentaires qu'en ont écrit les Pères Catholiques connus pour leur orthodoxie.












































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Qui sont ces saints pères, orthodoxes et catholiques ?

Plus encore, bien connus et de doctrine sûre, de réputation sûre?

Il y a un document appelé "Decretum Gelasianum", qui est attribué au VI siècle, même si ce n'est pas un document papal, et qui dans une section s'intitule :

"de opusculis sanctorum patrum, quae in ecclesia catholica recipiuntur" .

Il s'agit d'une liste des écrivains tenus pour orthodoxes, parmi lesquels il y a Cyprien, Grégoire de Naziance, Basile de Cappadoce, Hilaire, Ambroise, Jérôme, Prospère, Léon... les hauts faits des martyrs, les vies des pères Paul, Antoine, Hilarion et de tous les pères ermites.

Dans ce document l'on trouve interdite la lecture d'Origène ; déconseillés une série d'écrits appelés "apocryphes" parmi lesquels il y a Cassien.
Malheureusement, pour notre but, l'authenticité du Décret est très discutée et nous ne pouvons fonder dessus nos affirmations d'une manière très sûre. La question des sources patristiques a été très étudiée, mais selon WATHEN, pas encore suffisamment.

Par exemple, Odila HARRISON, Traces of Ante-Nicene fathers in the Regula Benedicti, dans Revue Bénédictine 63(1953)333-339, qui démontre la dépendance de :

Ignace d' Antioche

La lettre de Clément aux Corinthiens (on sait avec certitude qu'au temps de Benoît il en existait une traduction latine, faite avant que Jérôme traduise le NT).

Cela semble une thèse intéressante, spécialement si nous la confrontons avec celle de




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CAROSI, Il primo monastero benedettino dans Studia Anselmiana 39(1956).

selon laquelle le premier monastère de Saint Benoît à Subiaco s'appelait précisément Saint Clément, pour lequel Benoît avait une vénération spéciale.
HARRISON montre, en plus, que Benoît utilisa beaucoup Cassien.

2/ Dans un article long et très documenté, A.BORIAS, La influencia de san Cipriano sobre la Regla de San Benito, dans Revue Bénédictine 74(1964)54-97, parle de l'influence de Cyprien sur Benoît, et MANNING,E, A propos de l'influence de S. Cyprien sur la règle de S. Benoît en RHE 60(1965)65-68, a écrit, dans une sorte de réponse, un autre article dans lequel coïncide, sans aucun doute, la dépendance de Cyprien, mais il affirme que :

cela complique le problème des relations entre la RM et la RB, parce que certaines citations sont communes aux deux règles.

3/ A. de VOGUE, dans le commentaire de la règle, affirme que Benoît, dans RB,49, dépend principalement de Léon, spécialement dans l'utilisation du mot "observantia"

 RB,49 T  49,1
 OBSERVATIO  
 RB.,73 T  73,1

Pouvons-nous déduire que dans RB.,73 il y a une dépendance de Léon ?








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CARTON. L., A propos des oraisons de Carême : note sur l'emploi du mot OBSERVANTIA dans les homélies de S.Léon, dans Vigiliae Christianae 8(1954)104-144 a traité ce sujet d'une manière intéressante.

4/ A. de VOGUE, en plus, a démontré qu'Augustin est une des sources principales de la Règle de saint Benoît. Il y a d'autres articles intéressants sur ce point :

D.BRUYNE, La première règle de s. Benoît, dans 42(1930)
C.LAMBOT, L'influence de S.Augustin sur la règle de S.Benoît, dans Revue liturgique et monastique 14(1929)320-330
ID Un code monastique précurseur de la règle bénédictine dans Revue liturgique et monastique 14(1929)331-337
E.MANNING, La législation monastique de S.Augustin et la Regula Monasteriorum, dans Augustiniana 16 ( 1966 ) 317-329
CAPMANN, Origin of Rules of Augustine dans Downside Review, 49(1931)395-407

Selon WATHEN il y a un aspect plus important qui ne se rapporte pas aux dépendances verbales, mais aux similitudes de mentalité entre Benoît et Augustin. Dans ce domaine encore il y a beaucoup à étudier. P. GRABNER, dans American Review 263(1975)345 a démontré que :

le thème fondamental d'Augustin est celui de la création : l'homme a rejeté le Créateur de tout bien. Ce rejet s'appelle la superbe et se manifeste dans la désobéissance. Par conséquent, pour que l'homme se convertisse il doit posséder humilité et obéissance dans la suite de l'exemple du Christ.

cette vision augustinienne du salut n'est pas loin de la spiritualité de Benoît : il transcrit principalement l'emploi du





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mot Créateur RB.,73,4.Cela peut être une allusion à Augustin : un père très connu et de réputation sûre !

5/ Suggestions

Après ces suggestions, occupons-nous maintenant de la relation entre la RB et les Pères. Il y a quelques convergences :

Dans RB 72 il y a des allusions à
CLEMENT
CYPRIEN
AMBROISE
Cfr. WATHEN,A., "The exigences of Benedict's rule for beginners" dans ABR 29(1978) 41-66.

Dans RB.,73 il y a des allusions probables à Léon et Augustin

Mais nous avons une liste des pères orthodoxes bien connus de tous. En plus, si nous analysons RB.,73,2-4 comme une unité littéraire, une vision intéressante jaillit :

v.2 enseignements des Pères
v.3 AT. et NT.
v.4 Livres des Saints Pères

Une allusion à Léon avec le mot "observance"

Une allusion à Augustin avec le mot "Créateur".
















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Si cette interprétation n'est pas fantaisiste nous pouvons trouver là les guides de Benoît dans sa lecture de la Bible.

Nous rencontrons en plus de manière explicite, la relation d'importance entre les Pères et l'Écriture pour Benoît.

v.3 rectissima norma
v.4 recto cursu


L'Écriture est, pour employer le langage théologique d'aujourd'hui, LA NORME NON NORMALISEE. Plus encore, elle nous donne le critère d'orthodoxie.


v.4 HOC qui peut se référer :
à Page, Sermon ou Testamentum
RESONAT, c'est à dire, que les pères orthodoxes sont ceux qui résonnent, qui rendent juste l'écho de l'Écriture.


Tant pour Benoît que pour l'Église catholique, les saints pères orthodoxes sont ceux qui enseignent en conformité avec l' Écriture.

Pour achever on peut dire :

Benoît lisait l'Écriture et les Pères de manière circulaire (ce qu'on appelle le cercle herméneutique).

L'Écriture est lue à la lumière des Pères.

Les Pères sont lus à la lumière de l'Écriture.

Ce procédé ne se termine jamais, ni pour Benoît ni pour nous autres.

Notre point de référence doit être toujours la Bible :


RECTISSIMA NORMA
NORMA NON NORMANDA





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D. Les sources de La RB : la tradition monastique

Selon RB.,73,5-6, les sources de la RB prises de la tradition monastique précédente sont celles-là :

"Les Conférences des Pères, leurs Institutions et leurs Vies, et la Règle de notre Père saint Basile, outils de vertus pour des moines obéissants"

Ces versets suivent la citation des pères en même temps que la Bible (RB., 73,3-4); Benoît passe donc d'un point de vue plus général à un plus spécifique; d'un horizon plus large à un plus limité. Dans ce cas aussi - comme de coutume -, il y a des problèmes très complexes et discutés :

1. A quoi et à qui se réfère S. Benoît ?
2. Quelle relation a-t-il avec ces Pères ?
3. Quelle relation ont ces écrits entre eux par rapport aux pères et la Bible par rapport à la Règle ?






















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1. Signification de la terminologie employée.

a/ Préliminaire

Il y a une grande variété de documents monastiques, de genre différent, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours. Cette variété nous montre qu'il y a un grand "pluralisme" dans la tradition et nous fait nous défier des simplifications excessives.
Il n'y a pas de doute que ce pluralisme existait aussi dans l'antiquité, parce que entre autres choses il y a : la Règle, les statuts, les conférences, les catéchèses, les sermons, les homélies, les lettres, les vies.
D'autre part nous devons être prudents face aux titres de ces écrits: ils n'avaient pas obligatoirement, dans le passé, les mêmes titres que ceux sous lesquels ils sont connus de nos jours.


b/ Les vies des Pères

A.MUNDO,

L'autenticita de la Regula Sancti Benedicti, dans Studia Anselmiana, 42(1957)104-158

D.GORCE,

La portée des "Vita Patrum" dans l'élaboration de la règle bénédictine, dans Revue Liturgique et Monastique 14(1979)338-399

Les vies des pères sont une collection de documents biographiques, appelée ainsi d'une manière générique, ce genre littéraire se trouve souvent dans la littérature ancienne:

GENNADE, De viris illustribus
CASSIODORE, Institutiones

Nous connaissons les Vita Patrum grâce au jésuite ROSWEYDE, du XVIIème siècle, qui se trouve dans PL.,73-74.



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Il y a dix livres qui contiennent divers thèmes : divers genres littéraires.

Livre I: Les vies des Pères, par exemple d'Antoine
Livre III-VII: Les apophtegmes, 3.5.6.7
Livre VIII-X: Histoire des moines en Égypte II
Histoire Lausiaque VIII
Conférences choisies de Cassien plus le Dialogue de Sulpice IV
Le pré spirituel de Jean Mosch X

Il est certain que Benoît ne connaissait pas tous ces livres, par exemple le livre VII ou Le pré spirituel. Que signifie pour Benoît VITA PATRUM ?
Y avait-il une collection semblable à celle de ROSWEYDE au VIème siècle ?
Examinons cette même RB, dans ses citations des VITAE PATRUM.

RB.,42,3 lit les conférences ou la vie des pères
RB.,73,5 Conférences des Pères, leurs Institutions et leurs Vies
RB.,18,25 ce que nos saints Pères accomplissaient en un seul jour... (V.P.,v 4,31)
RB.,40,6 nous lisons que le vin ne convient aucunement aux moines (V.P. v,4,31)
RB.,48,8 nos Pères
Selon VOGUE, cfr. Vitae p. Jurae,l,2 ; Vita Fulgentii,52 ; Col. Cassien, 24,12 ; Lettre de Jérôme 125,11 ; Augustin, de opere monachorum,23
RB.,73,1 un commencement de réforme de vie (V.P.11,29)











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Dans la RM, selon Vogüé, nous rencontrons ces citations des Vitae:


 RB.,26,11 et 12
(Hist.Mon.,7)
 legitur in Vitas patrum
 27,52 et 54
(H.M.,7;V.P.VII,1)
 legitur in Vitas patrum
 63,3  legitur in Vitas patrum (de loco non constat)
 92,57
(H.L.,18,12-12 Inst.,4,30 y 31.)
 legitur in Vitas patrum

On remarque que presque toutes les citations de la RB se trouvent dans le livre V de l'édition de ROSWEYDE, c'est à dire, dans les VITAE traduites par le diacre Pélage. A.MUNDO, "L'authenticité de la Regula sancti Benedicti, dans Studia Anselmiana,42(1957) 104-158.
Et au contraire, il n'y a pas de citations de cette source dans la Règle du Maître.

c/. Institutions, enseignements.

Ce mot, dans RB, se trouve seulement dans le ch.73. Par contre, dans RM, selon Vogüé:

 RM,34,2  Instit.,3,1-4 et 2,5
 90,92  Regula Macarii
 91,48  Cesarii Regula,1;Lul.POm.de vita Cont.2
   Regula IV patrum

Pour Vogüé aussi, ce mot ne se réfère pas exclusivement aux Institutiones de Cassien ; il semble très difficile à Wathen de dire ce qu'il signifie, à moins qu'il n'ait pas le même sens que "règle".

Notons, par exemple, dans la préface de la règle latine de Basile l'emploi fait de Rufin.
"Sancti Basilii Cappadociae...clari instituta monachorum..."



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Sulpice Sévère, Dialogues, 1,2 :

"Ediderasses nobis velim omnem tuam peregrinationis historiam, qualiter in Oriente fides Christi floreat, quale sit sanctorum quies, quae instituta monasteriorum..."

Denis le Petit (vie de Pacôme.Ed. ban CRANENBURG)

"Plura namque per Christi gratiam legenda simul atque imitanda peragentes, avida voluntate beatorum patrum cupitis instituta cognoscere...quas diligitis in conversatione sanctorum..." (Pag.17,10-19)

"Tantae namque conversationis instituta suscipiens..." (Pag.122,12.23).

"Pachomius vero descripsit eis (virginibus) regulas, quibus utentes, iugites conversationis suae momenta dirigerent. Exceptis melotis, quas foeminae non habent, omnis institutionis earum forma monachis probatur esse consimilis".(Pag.l50,28 ss.)

Par conséquent nous pouvons dire que instituta est un terme très générique et qu'il n'est pas nécessaire de l'identifier avec un livre.

d/. Conférence

1/ Employé comme titre d'un livre, voir :

"Thesaurus linguae latinae, Collatio com Maximino Arianorum episcopo" (PL.,42,709-42)











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D'Augustin :

Breviculus Collationis cum donatistis(CSEL 53)
Ad donatistas post collationem

2/ Dans la signification du travail, de l'activité, écrits ou non :

le grec "symbolus" se traduit en latin "collatio" cfr. Rufino: id est quod plures in unum conferunt

RUFIN, Hist.monachorum, 1:

"Ut frequenter conlatione mentem vestram..."

FULGENCE DE RUSPE, Fragment XXXVI:

"Christianae fidei symbolorum (quod graeco eloquio et pactum solet et collatio noncupari) sancte quidem recteque et omnino sapienter secundum regulam veritatis...sic etiam in symboli brevite..."

"Est autem quoddam verum pactum veraque collatio in cuius brevitate totius credulitatis Christianae summa constituit…"

JÉRÔME, Epistola 102,2 (CSEL 55,234-236)

"Absit autem a me, ut quidquam de libris beatitudinis tuae adiungere audeam...utinam mereremur complexus tuos et conlatione mutua doceremur aliqua vel disceremus"

POSIDIUS, Vita Agustini

"...publice...disputavit populo adstante : et post secundam vel tertiam collationem ille Manicheus frustrata..."

Voir en plus GUY, J.C.,"La collation des douze Anachorètes" dans An.Boll., 75(1958) 419-427






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Il semble nécessaire de rappeler ici que le développement du latin chrétien, qui passe d'un usage plus général à celui qui indique un certain type de livre, selon WATHEN, n'était pas encore terminé au temps de Benoît. Voilà ici un exemple :

FERRANDI, Vita Fulgentii,23-24,PL .,65,128-129

"...donec subito beatus Fulgentius Aegyptiorum monachorum vitas admirabiles legens institutorum simul atque collationum spiritali meditatione succensus..."

"de institutionibus, ait, et conllationibus loqui coeperas, dum pranderemus. Affer, obsecro, mihi codicem, si portas. Ille sine mora iussus oboediens codicem detulit..."

Cet exemple est important, car, selon les spécialistes des sources de Fulgence, celui-ci n'a jamais utilisé Cassien.

Autre exemple :
GÉNADE, De viris illustribus, Ed. Ernst Richardson,Lipsia,l896

"Severus presbyter, cognomento Sulpicius... scripsit vitam beati Martini...et conlationem Postumiani et Galli se mediante et iudice de conversatione monachorum orientalium".



















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"Cassianus scripsit...De Habitu et de canonico orationum atque psalmorum modo librum unum...De origine et qualitate ac remediis octo principalium vitiorum libris octo...digessit etiam Conlationes cum patribus Aegyptii habitans..."

Pour cette raison nous pouvons affirmer que le mot CONLATIONES indiquant un livre précis et connu est très douteux. Certainement qu'il indique aussi l'œuvre de Cassien, mais pas uniquement celle-là!

2. La relation de la RB avec Cassien.

Beaucoup ont affirmé que Benoît en RB., 72 et 42 se réfère aux livres de Cassien. Cependant cela semble pour Wathen un anachronisme, puisqu'il n'est pas certain que dans le passé les oeuvres de Cassien aient eu ces titres : Institutiones et d'une manière encore plus douteuse, le titre de COLLATIONES.

C.VAGAGGINI, dans son article sur la question semi pélagienne (cf. La posizione de Benedetto nella questione semipelagiana dans Studia Anselmiana, 18/19(1947)17-83 a écrit que Benoît approuvait sans restriction la doctrine de Cassien, parce qu'il recommandait les livres de cet auteur; également G.PENCO donne une date de composition du ch.73 par le fait qu'on y fait l'emploi de quelques ouvrages de Cassien. Vogüé selon l'opinion de WATHEN, canonise presque Cassien dans son commentaire de la RB. Il est certain que les commentateurs anciens ont compris RB.,72 et 73 comme si Benoît s'y référait à Cassien, par exemple :

Paul WARNEFRIDUS:

"Et bene post historiae libros, et eorum expositiones, nunc dicit Collationes patrum. Collationum enim tria volumina sunt. Unum volumen continet septem libros, alid totidem; tertium autem decem; qui simul iuncti, fiunt viginti quatuor libri. Instituta ideo dicuntur, quia ibi institutum est de cibis et potibus, atque vestimentis monachorum, necnon etiam ibi constitutum est, qualiter debeat pugnare unusquisque contra




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unumquodque vitium, a quo impugnatur; et sunt libri duodecim"(c'est la description exacte de l'œuvre de Cassien).

Il y a presque 50 ans, il y avait un autre auteur, B. CAPELLE Les oeuvres de Jean Cassien et la règle bénédictine, dans Revue Liturgique et monastique, 9(1929)307-319, qui commença à émettre quelque doute sur l'emploi de Cassien par Benoît, affirmant que RB.,68 est exactement le contraire de l'enseignement de Cassien et que Benoît n'est pas esclave de celui-ci. Il semble à WATHEN que la prudence de CAPELLE n'a pas rencontré d'auditoire. Aujourd'hui, quelques-uns uns, parmi eux, Leroy et Manning, soutiennent la position suggérée par Capelle, affirmant que Benoît n'a jamais lu Cassien, mais qu'il le connaissait à travers le Maître.

3. La Règle de saint Benoît et "notre père saint Basile"

A qui se réfère saint Benoît quand il parle de "notre père saint Basile" ? Rufin a traduit les "instituta monachorum". Peut-être avons-nous ici la clé pour comprendre l'emploi des institutiones dans la RB.

Pour saint Benoît, Institution et Règle sont la même chose et l'on peut employer indistinctement l'un ou l'autre mot. Benoît, en effet, au commencement de la Règle latine affirme :

"His vero qui aedificari divinis institutionibus indigent"

Mais, pourquoi Basile est-il appelé "notre père" ?



















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