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B. L'UTILISATION DES MODÈLES

En premier lieu, WATHEN veut recourir à la typologie pour une réflexion sur la vie monastique :

Dans la tradition, l'utilisation de TYPE est la manière générale de penser et de parler de la vie monastique.

TYPOS = Conception, figure, forme, c'est à dire, représentation, exemple, etc.

La typologie est utilisée, par exemple, dans la lettre aux Hébreux, même de manière excessive selon le goût moderne.

Un autre exemple se trouve dans la vie d'Antoine écrite par Athanase. Quand celui-ci affirme que le prophète Élie est le modèle de tout moine :

- Cela veut dire que la personne et la vie d'Élie sont un "typos", une conception de notre vie monastique.

- nous pouvons mieux connaître notre vocation en regardant la vie du grand prophète.

Un autre exemple, encore plus classique est la traditionnelle vie apostolique, telle qu'elle était vécue dans la première communauté de Jérusalem, comprise comme "typos" de la vie monastique, et plus encore de la vie cénobitique.

- Cassien se réfère deux fois à l'Église primitive pour justifier la vie monastique.

mais c'est général pour toute la tradition monastique de recourir à cette image typologique : ainsi les moines peuvent mieux comprendre les exigences de leur propre appel.






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Analysant le prologue, Wathen parle des modèles qui s'y trouvent et se poursuivent aussi dans toute la règle : il n'est pas possible de parler de tous, mais nous pouvons examiner quelques uns des plus importants, en voyant aussi les conséquences pour notre mentalité et notre pratique monastique.

Pour commencer nous devons préciser :

Que signifie "modèle" ?

Aujourd'hui on parle beaucoup de modèles, par exemple en anthropologie et en sociologie, mais aussi en économie et en linguistique.

LE MODÈLE est une structure bien définie qui dans sa conception visible nous manifeste, nous rend évidentes les valeurs.

Pour cela on peut comparer un modèle à un autre, on peut aussi imiter un modèle, c'est-à-dire sa structure visible, avec l'espoir d'acquérir les valeurs internes qu'il contient. En plus, au moyen de la comparaison entre modèles, on peut mieux comprendre un modèle déterminé.

Cette typologie n'est certainement pas une nouveauté des temps modernes, parce qu'elle était déjà utilisée dans la lettre aux Hébreux, à propos du Christ prêtre.

- Melchisédech était le type du Christ prêtre.

- De la manière dont on comprend Melchisédech, on comprend aussi le Christ prêtre.







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Dans la tradition philosophico-théologico-scolastique, plus que de types ou modèles, on parle d'ANALOGIE. Dans la tradition monastique on rencontre, souvent quelques modèles bibliques ou moins bibliques, sociaux, politiques, etc. Gregorio PENCO à écrit beaucoup d'articles à ce sujet.

Il y a quelques années, un théologien américain a écrit un livre intitulé "Les modèles de l'Église" il s'appelle Avery Dulles.

Selon lui, comme l'Église est un mystère il n'est pas possible de l'analyser ni d'en parler directement mais seulement par analogie.

C'est notre expérience quotidienne qui nous donne les analogies, c'est à dire les types, les modèles pour notre compréhension de la vie de la grâce ; mais plusieurs modèles complémentaires sont nécessaires, parce qu'il n'y en a aucun qui à lui seul soit adéquat pour exprimer la totalité, plus encore : chaque modèle a sa valeur, plus ou moins consciente et comprise, et ses conséquences. Même dans le débat interne sur l'Église, tant à propos de la praxis que de la théorie, on s'est fondé, et aujourd'hui encore on se fonde, sur des modèles.

- il y a celui qui se sert du modèle "serviteur de Yahvé"
- ou bien qui se sert du modèle de la paternité.

Pour ce qui se réfère à la tradition monastique :

- on peut adopter le modèle du désert (il peut très bien servir pour expliquer la solitude).
- on peut utiliser le modèle de la famille (plus utile pour les relations personnelles et sociales).

Plus encore, ni le désert ni la famille ne sont des modèles adéquats pour chaque aspect de la vie monastique, qu'elle soit érémitique ou bien cénobitique. La discussion, par ailleurs très acharnée, surgit quand on veut trouver la signification de la vie monastique, se fondant sur l'un ou l'autre modèle ; par exemple :




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- Il existe un moine qui refuse d'aller à la récréation commune parce que cela est contraire à son modèle de vie monastique conçue comme un désert.
- Il en existe un autre qui ne se tait jamais, pas même dans sa cellule, parce que le silence est contraire à son mode de vie monastique conçue comme une famille.

Enfin chaque modèle a ses conséquences pratiques, concrètes.

Saint Benoît aussi utilisait ses modèles, consciemment ou inconsciemment, que nous pouvons trouver dans la Règle, quelques-uns uns sont explicites, d'autres moins.

Le but que poursuit WATHEN est de mieux comprendre la mentalité bénédictine au moyen de ces modèles ; il espère que, malgré toutes les limites qu'ils ont, ils pourront nous être utiles pour mieux comprendre le sens de la vie monastique bénédictine.

Il veut choisir d'abord des modèles sûrs, fondés sur le texte de la RB., en plus des modèles concrets fondés sur l'expérience de tous, ni intellectuels, ni non plus abstraits.

Le but poursuivi est d'avoir une clarification sur les valeurs :

- Il n'existe pas de valeurs abstraites, indépendantes des structures.
- En changeant les structures, on change aussi les valeurs.
- Parce qu'il n'existe pas de valeur sans une structure propre.














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