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LE NOVICIAT


a)- Sur le thème de "CONVERSATIO"

Il serait intéressant de commencer en parlant de la pré-signification du mot "CONVERSATIO". C'est l'image de la vie monastique, la ligne de conduite d'un cénobite :

-La structure concrète et visible de la vie monastique attire le candidat qui veut s'unir à la communauté
- C'est ce comportement concret et simple qui donne un sens à la vie et devient pour toujours une découverte continuelle et renouvelée
De là on dégage que pour connaître la vie monastique il n'est pas nécessaire de lire beaucoup de livres, mais de connaître par l'expérience la vie et l'ambiance monastique.

b) L'initiation.

Avant d'examiner l'année de noviciat dans la RB, il est important de s'informer d'une manière plus générale sur les rites et les cérémonies d'initiation, en lisant le célèbre livre de "Mircea Eliade "Rites and Simbols of Initiation", New York 1975.

Ce travail de l'éminent professeur des religions comparées peut nous aider à élargir nos critères, même si cela ne peut s'appliquer directement à notre noviciat.

Selon Eliade :

-Le mépris pour tout type initiation est typique de l'homme moderne désacralisé.
-Au contraire, pour les hommes de la société traditionnelle, à laquelle appartient aussi Benoît, les rites d'initiation ont un rôle essentiel.

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-le jeune converti en homme commence à comprendre la signification de la vie.
-C'est pourquoi il peut assumer ses responsabilités tant dans la famille que dans la société.
-Les rites d'initiation varient selon les races et les cultures. En général elles ont pour but de faire du jeune un homme vrai, un homme nouveau.
- Avant l'initiation le jeune était ignorant, immature et marginalisé,
- Grâce à l'initiation il se change en un sage, mûr et reconnu
- Pour ce changement il faut une mort à ce qui est vieux et une résurrection à une vie nouvelle.
- Ce changement affecte l'homme dans sa totalité : une probation lui est nécessaire.

Toute cette matière d'apprentissage n'est en aucune manière une science séparée de la personne, une action objective impersonnelle, mais bien une connaissance qui envahit tout l'homme.
- L'homme traditionnel ne conçoit pas que la personne puisse vivre seule, mais c'est la culture et la tribu qui rendent authentique la personne.
Eliade termine son livre avec quelques observations qui, aujourd'hui, pour nous autres hommes modernes et scientifiques détachés d'une tradition, ne sont pas un défi ou une provocation :

a) Si l'initiation est un moment essentiel de l'humanité, que signifie sa perte pour la culture moderne ?

b) Si la véritable existence humaine inclut un passage, une transition, une transformation de l'ignorance à la maturité, de la mort à soi-même quant à l'individu, pour ressusciter comme un être lié à la communauté, où peut-on trouver cette dimension dans la culture occidentale ?

c) Conclusions sur ce mot :

SOLLICITUDE

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1.- Utilisation dans la RB, 58, 6-8, nous le trouvons pour clarifier la réciprocité :

- L'ancien doit se préoccuper de découvrir si le novice cherche vraiment Dieu.

- Le novice en échange se préoccupe :

De l' "Office Divin"
De l'obéissance
Des humiliations,

On demande que les deux, l'ancien et le novice, aient la même attitude

- L'ancien se préoccupe de la sollicitude du novice pour l'office,
- Le novice se préoccupe, non de la théorie, mais de la pratique concrète (obéissance, Office Divin…)
- La recherche de Dieu n'est pas seulement un sentiment interne, une pieuse intention.
- l'ancien ne doit pas non plus s'occuper excessivement de la "piété" du novice.
- Laissons pour l'instant les précisions de l'obéissance et de l'humilité, espérant trouver plus de clarté en examinant auparavant le mot sollicitude.

L'abbé doit être "prévenant", avoir de la "sollicitude" :
RB, 2,33 pour les âmes plus que pour les biens matériels.
2,39 des comptes à rendre dans le futur au sujet du troupeau qui lui est confié.
RB, 27 T.1.5 en référence aux excommuniés, comme pasteur et médecin.

- Les doyens doivent avoir de la sollicitude :
RB, 21,2 ils s'occupent de leurs décanies,
22,3 avec les anciens qui s'occupent d'eux

- Que le cellérier s'occupe avec sollicitude des frères, RB 31,9

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- Le serviteur des moines malades RB 36,7,

- La sollicitude pour les hôtes, RB 53,15.

- Dans l'observance de la règle: RB, 65,17.

- Dans l'obéissance mutuelle, RB 71,4.

L'analyse de Casey

Pour Casey sollicitude :

Ne démontre en Benoît ni une anxiété ni une préoccupation.
Par contre elle était une préoccupation pour la vérité de la vie du moine : c'est pourquoi il faut dire la vérité, selon S Benoît, même si l'on provoque un peu de tristesse ou de souffrance.
- Plus encore, quand c'est nécessaire au bien de l'autre il faut recourir à une action dure et âpre ; si on n'agit pas ainsi, on démontre qu'il n'y a pas de vraie sollicitude.

C'est pour cela que dans la RB il y a un code pénal, sur l'excommunication.
- Il n'y aura pas de vraie sollicitude dans les monastères où nous nous faisons des concessions mutuellement sur la vérité de notre recherche de Dieu.
3.- RB.,58,6-7
- Nous trouvons la réciprocité entre le novice et l'ancien.
- Il y a aussi une réciprocité plus vaste : la sollicitude atteint toute la communauté :
L'abbé
Le malade.
Les doyens et les anciens.
L'hôtelier.
C'est à dire presque tous les aspects de la vie monastique, tant spirituels que temporels.



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On peut dire que tous dans la communauté se préoccupent de la recherche mutuelle de Dieu, c'est pourquoi le novice doit savoir l'expliciter dans la vie quotidienne. C'est pour cette raison que la communauté a un rôle propre dans la bonne ou mauvaise formation du novice.

Le novice absorbe et assimile la vision, l'enthousiasme ou le manque de pratique de la communauté.

Le noviciat est un temps qui ne se limite pas à apprendre la théorie (c'est pourquoi on lit la Règle au novice : RB, 58,9.12.13 c'est un aspect important, mais pas le seul), mais c'est aussi le moment où le novice apprend la conception que la communauté a de la vie monastique. Le novice capte le "modus vivendi".






























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